Ça fait exactement un an que je fais du coworking, c’est-à-dire que je partage un espace commun en ville avec d’autres personnes.
Après un an, je m’apprête à emménager dans mon troisième bureau, c’est vous dire si le coworking c’est pas toujours simple ! Du coup, aujourd’hui, j’avais envie de partager avec vous cette année pleine d’expérience(s), et surtout les avantages et les inconvénients du coworking, tels que je les ai vécu.
Mais commençons par le début.
Pourquoi avoir choisi de prendre un bureau en ville ?
Je suis freelance depuis 2004, et web designer depuis 2006. Ça fait donc quelques années que j’ai pris l’habitude de travailler chez moi. Avant que ma fille arrive, j’avais ma pièce, mon bureau, puis celui-ci s’est retrouvé à l’étage du dessous dans une pièce qu’on appelle “Hobby room” en Suisse et qui peut servir de bureau.
Pendant 5 ans, j’ai donc travaillé de chez moi et je peux dire que j’ai bien apprécié cette période. On fait ce qu’on veut, on peut bosser en pyjama, faire des breaks comme on le sent, se permettre des siestes, jouer à la console, etc. Bosser de chez soi, ça a l’avantage d’être libre de faire ce qu’on veut, comme on le veut.
Puis ma fille est née et assez rapidement, je me suis senti un peu claustrophobe. J’aimais toujours travailler à la maison mais j’avais du mal à déconnecter, à retourner à 100% dans ma “first life”. J’avais toujours tendance à vouloir retourner derrière mon écran, “finir rapidement un truc…”. Au bout d’un moment, je me sentais un peu comme un lion dans une cage. De plus en plus, j’avais besoin de sortir prendre l’air. Alors, j’ai décidé d’aller, de temps en temps, en ville, au Starbucks par exemple, avec un Wifi gratuit et des fauteuils confortables. Là, je passais des demi-journées à bosser sur différentes choses. Et malgré le bruit et le mouvement autour de moi, j’avais l’impression de revivre.
Je découvrais qu’en plus d’avoir besoin de prendre l’air, j’avais besoin de voir du monde !
A partir de là, les choses se sont enchaînés. J’arrivais de moins en moins à rester à la maison. En sortant, je me rendais compte que je bossais mieux et surtout que j’avais des idées ! J’ai eu une discussion avec Denise Jacobs il y a peu, et elle me disait que la créativité a besoin de cet air: Elle a besoin de voir de nouvelles choses, de s’aérer. Et c’est exactement ce qui m’arrivait.
Je me suis alors décidé à chercher un bureau en ville. Trop cher pour une seule personne (environ 400/500€, charges comprises). Puis, j’ai rencontré un ami britannique et développeur web qui cherchait également un bureau. On s’est donc dit qu’on pourrait peut-être trouver quelque chose ensemble.
Et très vite, en février 2011, on trouve un super espace de travail. Ancienne usine des Jeans BigStar, avec vieux planchers et hauts plafonds. Et le tout au-dessus de la rivière qui alimente le moulin de la vieille imprimerie bourrée de presses Heidelberg. Vous voyez un peu le décor !
(cf la photo de l’article) Cette ancienne usine a été réhabilitée et occupée par une grosse agence de com’ locale qui partage ses locaux avec d’autres entreprises/freelances. Nous arrivions donc dans un espace avec d’autres personnes déjà installées, structure déjà présente, juste besoin de choisir son bureau et de commencer à travailler !
L’expérience a duré deux mois. Pendant ces deux mois, j’ai appris énormément.
Travailler en dehors de chez moi me permettait de séparer ma vie professionnelle de ma vie personnelle. Le changement était énorme et ça se ressentait largement sur ma vie à la maison. Nettement plus disponible et agréable.
Autre chose importante : en plus de m’aérer et de voir du monde, je discutais avec des “collègues”, je faisais du social ! Ça peut paraître con mais c’est tellement important. Et tout en faisant du social, je rencontrais de nouvelles personnes en allant à des déjeuners, et au final je faisais du networking ! Quel changement !
Si le lieu était génial, il y avait tout de même un point négatif : pas de salle de réunion. Du coup, pour rencontrer des clients “en vrai” ou alors en appeler via Skype, c’était un peu compliqué. En fait, le coworking c’est bien si tu veux faire du social, vivre un peu en communauté. Par contre, si tu veux continuer à bosser dans ton coin, pas être dérangé, je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure solution. Tu risques d’être perturbé par le bruit ambiant. En tout cas, personnellement, ça ne m’a pas dérangé, hormis pour faire des appels.
Après deux mois, la boîte qui nous hébergeait a fait faillite. On a dû trouver un nouvel endroit. Mais fort de cette expérience fabuleuse, je n’avais clairement pas l’intention de retourner à la maison.
On a rapidement trouvé un appartement transformé en bureaux, partagés avec d’autres entreprises, principalement des journalistes. Nous avons pris une pièce à trois.
Le problème des responsabilités et du loyer
On nous a donc loué cette pièce, mais le contrat de location devait être au nom d’une seule personne. Chacun s’est longuement regardé pour savoir qui prendrait le contrat. Finalement, c’est un de mes deux compagnons qui l’a pris.
Mais que se passe-t-il si l’un s’en va ?
C’est un des points compliqués, et ça nous est arrivé : le troisième compagnon a décidé de ne plus venir et nous a dit qu’il ne paierait plus. On aurait dû prévoir un contrat entre nous pour stipuler différentes clauses comme le départ de l’un d’entre nous, mais ça n’a pas été le cas. Nous avons donc dû chercher une troisième personne par nous-mêmes, en vain. Du coup, on a dû partager la troisième part du loyer en deux.
Cela dit, il existe des structures où vous pouvez juste louer un “emplacement”, un bureau, c’est nettement plus simple à gérer. Louer des pièces à plusieurs peut être parfois compliqué à gérer, mieux vaut le savoir avant de se lancer.
Pour revenir à ce deuxième bureau, l’ambiance était très différente de ce que j’avais connu dans l’usine. Toujours pas de salle de réunion, donc toujours compliqué pour les “confcalls”. Par contre une cuisine, une salle de bain (ça peut toujours servir). Mais c’est là que je me suis rendu compte qu’en plus d’avoir un espace extérieur à chez moi, j’avais besoin de m’y sentir bien. Et si dans l’usine réhabilitée c’était super motivant, là, dans cet appart, je ne m’y sentais pas bien. Pas vraiment motivant pour trouver de bonnes idées. L’endroit était pas cher mais finalement pas très “créatif”. En plus, il était situé dans un quartier populaire bruyant avec pas mal de travaux.
Et au fur et à mesure, je suis retourné chez moi.
Et c’est de ma chambre que j’écris cet article aujourd’hui. Je n’ai plus envie d’aller à ce bureau, et je l’ai compris rapidement. J’ai donc décidé de chercher autre chose et j’ai proposé à mon ami anglais web dev avec lequel je partageais le loyer de partir avec moi. Il était d’accord.
On a finalement trouvé un autre bureau à partager, mais cette fois ci dans la vieille ville, et surtout à partager avec une photographe et un écrivain/éditeur. Je crois qu’en fin de compte, les soucis avec mon deuxième bureau était liés au lieu mais aussi aux personnes qui y bossaient : peu présentes, peu intéressées par le lien social (contrairement au premier bureau).
On emménage le 15 mars et j’ai hâte d’y être. Le quartier est génial (vieilles ruelles du XVIème siècles) et plein de boutiques et bars branchés. De quoi se changer les idées. Et puis, partager un bureau avec d’autres créatifs, c’est important pour moi.
Au final, cette première année de coworking aura été un peu mouvementée mais très riche en enseignements :
- Avoir un bureau en dehors de chez soi permet justement de sortir, de s’aérer et de voir du monde, d’avoir donc un lien social et de faire du networking,
- Ça permet de séparer clairement la vie personnelle de la vie professionnelle,
- On ne tombe pas dans le confort de la maison, ou l’on gère pépére son temps,
- Avoir un bureau en ville m’a permis d’être, de ce fait, nettement plus productif.
“Quels sont les aspects négatifs ?”
Pour moi, si tu as une salle de réunion, il n’y a pas vraiment d’inconvénients. Si tu veux être tranquille, tu as toujours la possibilité de rentrer à la maison. Cette option est toujours disponible !
Privilégier la location d’emplacements plutôt que de pièces. Louer plutôt seul qu’à plusieurs. Vous pouvez toujours bosser ensemble mais ayez des contrats séparés, vous serez plus tranquilles.
“Le coût du coworking ?”
Premier loyer: 500 CHF, deuxième loyer: 230CHF et le bureau à venir sera 220CHF par mois. (1 euro = 1,2 CHF). C’est certes un coût non négligeable quand on est freelance mais quand on voit la hausse de productivité et le networking que tout ça permet, je suis convaincu maintenant que c’est plus que rentable.
“Quelques conseils ?”
Comme dit plus haut, je pense qu’il est important d’avoir une salle de réunion. Ensuite, éviter les boxes ambiance consultants de SSII avec des bureaux “mobiles” et des personnes différentes qui y viennent de temps en temps. Souvent les espaces de coworking proposent la possibilité de louer un bureau pour une journée, une semaine, un mois. C’est quand même plus sympa de partager un bureau sur le moyen terme avec les mêmes personnes (mais comme dit également au-dessus, tout en ayant un contrat individuel !). Et essayer de voir si elles aussi sont intéressées par ce lien social. Parce que si c’est pour tomber dans un endroit où personne ne se parle, je ne suis pas sûr que ce soit intéressant ! ![]()
En tout cas, je conseille fortement le coworking. Si ça vous tente, n’hésitez pas à vous renseigner autour de chez vous, à visiter différents espaces, c’est la meilleure manière de voir ce qui existe et de savoir si le coworking est fait pour vous. Parce que pour certains, rester chez soi est idéal. Chacun a ses propres besoins. Si vous ne trouvez rien, vous pouvez toujours demander via Facebook ou Twitter si d’autres personnes qui habitent dans la même ville souhaitent monter une structure de coworking ou tout simplement partager un bureau ! Bref, différentes possibilités existent, à vous de voir ce qui vous convient le mieux ! ![]()

Pingback: Un an de coworking: retour d’expérience » Webdesign Friday (#wdfr) « Things I grab, motley collection