Il y a quelques semaines, j’ai vu passer quelques tweets parlant d’une technique de productivité s’appelant Pomodoro. Sur le coup, je me suis dit “encore une…”. Il faut dire que j’avais auparavant testé le GTD et que j’avais trouvé ça tellement contraignant au final que je perdais du temps plutôt que d’en gagner. Et puis, à force d’en entendre parler, ma curiosité a pris le dessus et je suis allé voir sur le web ce que c’était.
Qu’est-ce que la technique Pomodoro ?
La technique Pomodoro est une méthode permettant de mieux gérer son temps sur la journée. Le principe est finalement très simple. Vous travaillez par tranche de 25 minutes, et entre chaque tranche vous faîtes une pause de 5 minutes. Chaque tranche de 25 minutes est appelée un “pomodoro”, et après 4 pomodoros, vous faîtes une pause de 15 minutes. Donc en gros on a le schéma suivant:
- 1 pomodoro de 25 minutes
- 1 pause de 5 minutes
- etc… jusqu’au 4ème pomodoro
- 1 pause de 15 minutes
- et on repart pour un cycle de 4 pomodoros.
Cette technique a été élaborée dans les années 80 par Francesco Cirillo et s’est revélée très utile pour pas mal de professions. Alors, qu’en est-il pour le web design ? J’ai testé pour vous ! ![]()
Simple à mettre en oeuvre
S’il y a quelque chose de sympa avec Pomodoro c’est qu’on n’a pas besoin d’une super organisation. Pour débuter, vous avez uniquement besoin d’une feuille de papier et d’un timer pour la cuisine (ou de n’importe quel objet pouvant servir de chrono).
A partir de là, vous notez tout ce que vous avez à faire sur la journée. Notez ici que même si vous n’utilisez pas cette méthode, commencer la journée en faisant une sorte de “todo list” peut être très bénéfique. Donc, vous faîtes votre liste et vous commencez à bosser, par tranche de 25 minutes. A la fin de chaque pomodoro, vous “checkez” la ligne de la liste sur laquelle vous bossez et vous faîtes un break. Mais attention, vous n’allez pas aller voir vos emails ni vos réseaux sociaux, vous allez faire un vrai break, une petite coupure avec votre travail. Profitez-en donc pour aller vous faire un café. Vous revenez, vous repartez pour un nouveau pomodoro jusqu’au prochain break.
Sachez que vous pouvez très bien passer plusieurs pomodoros sur une tâche. Par contre, Francesco Cirillo mentionne que si une tache dépasse les 6 pomodoros, cela peut vouloir dire qu’elle aurait pu être divisée en plusieurs tâches. Au contraire, si une tâche dure moins d’un pomodoro, vous auriez pu la regrouper avec une autre tâche.
A la fin de la journée, vous reprenez votre liste et vous pouvez constater si vous avez tout accompli, travaillé plus rapidement, ou si, au contraire, vous avez pris du retard.
Ça marche pour le code, moins pour le graphisme…
J’ai donc testé, à la fois sur de l’intégration et du design. Pour ce qui est de l’intégration, j’ai trouvé ça très bien, vous vous concentrez sur 25 minutes, à fond, emails, Twitter et Facebook fermés (ah bah oui, vous êtes là pour bosser, pas pour procrastiner, et 25 minutes c’est pas si long !), et ça permet de segmenter le travail, tout en faisant des pauses.
Personnellement, j’ai trouvé que j’arrivais à être concentré plus longtemps sur la journée, plus calme et au final, je terminais plus rapidement ce que j’avais à faire. Je pense que les périodes courtes de 25 minutes ne fatiguent pas trop et que le fait de ne pas se disperser avec tous les “à côtés” fait qu’on avance plus rapidement.
Par contre, l’auteur dit de faire des breaks en se coupant de son travail. Je veux bien, mais je checke mes emails et mes tweets quand moi ? Ça se voit qu’il n’y avait pas tout ça dans les années 80 ! J’ai choisi de m’occuper de tout ça quand même sur certaines pauses. Et sur d’autres, j’essaie vraiment de couper de mon travail. Cela dit c’est pas évident ensuite de se remettre dans le bain rapidement. Ça dépend vraiment de ce sur quoi on travaille.
Pour le design c’est très différent, en tout cas pour moi. Tant que l’idée n’est pas là, difficile de coller à une technique de productivité. Mais quand l’idée est là et que je me mets à travailler, j’ai du mal à m’arrêter après 25 minutes. Tant que je l’ai en tête, il faut que je fonce ! Donc, vous imaginez que la première fois, quand j’ai entendu le timer sonner et que j’étais en train de faire un bouton pixel perfect, je ne me suis pas arrêté en plein milieu pour reprendre 5 minutes plus tard ! J’ai commencé directement un nouveau pomodoro et ai bossé jusqu’à la fin de celui-ci. J’ai réessayé plusieurs fois et j’ai quand même trouvé ça difficile.
D’autres personnes avec lesquelles j’ai discuté de cette technique trouvaient, au contraire, que Pomodoro était génial pour la créativité parce que finalement, ils se disaient “j’ai 25 minutes devant moi, voyons voir ce que je peux faire et trouver”, tout en sachant qu’ensuite ils pourraient faire une pause avant de se remettre dans “le bain”. Et chacun sait que faire des pauses permet au cerveau de se “régénérer” et donc de revenir avec un esprit rechargé et prêt pour une nouvelle dose de créativité.
D’ailleurs, dans une présentation de Denise Jacobs que j’ai pu voir il y a peu, elle évoque la technique Pomodoro comme quelque chose permettant d’être créatif plus longtemps en faisant des pauses régulièrement. Le cerveau a vraiment besoin de ces breaks pour se régénérer et permettre d’être plus actif, plus productif.
Un pomodoro spécial pour les designers ?
En rédigeant cet article, je suis tombé sur des exemples où différentes personnes avaient décidé de choisir un timing différent des 25 minutes. Dans un article, Nascent Studio a choisi de faire des pomodoros de 15 minutes. Plus court mais finalement peut-être meilleure pour la créativité ? Si on part du principe que bien souvent il faut s’éloigner du bureau, prendre l’air, se changer les idées justement pour en trouver des meilleures, est-ce qu’un timing de 15 minutes + 5 minutes de pause pourrait optimiser une certaine productivité tout en gardant un esprit créatif, et ce, plus longtemps ?
Finalement, chaque designer est différent et chacun pourra adapter cette technique à son mode de travail.
Un très bon outil de “time tracking”
Au delà du gain de temps, Il y a une chose que je trouve très sympa avec la technique Pomodoro, c’est que je gère beaucoup mieux mes todo lists en en faisant une pour chaque jour et surtout, je peux savoir combien de temps j’ai travaillé sur chaque tâche ! Si vous travaillez sur des projets où vous êtes facturé sur le temps travaillé, c’est parfait !
Un autre aspect intéressant, c’est qu’au fur et à mesure vous arrivez à mieux calculer vos temps de travail. Ça peut être aussi un atout pour faire des devis cohérents !
D’ailleurs, pour vous aider à mieux gérer tout ça, il existe des applications qui vous aident et vous accompagnent. Étant Mac user, j’ai repéré Pomodoro et My Little Pomodoro. C’est ce dernier que j’ai décidé d’utiliser.
Tout dépend de votre méthode de travail…
Alors, certains vont se dire “qu’est-ce que c’est que ce gadget ?”, tout comme moi au début, je n’y croyais pas trop. Et puis, après avoir essayé, je me suis rendu compte que j’étais nettement plus productif, et ce, pour une raison toute simple : je ne passais pas mon temps à regarder mes emails et à y répondre tout de suite, ni à aller faire un tour sur Twitter. En gros, je procrastinais nettement moins.
Maintenant, si vous gérez tout ce quotidien déjà très bien, vous n’avez probablement pas besoin de plus d’organisation et donc pas besoin de cette technique. Par contre, si vous avez l’impression d’être régulièrement trop dispersé, faites un essai. Ça pourrait changer votre manière de travailler ! ![]()
Vous aussi vous avez testé Pomodoro ? Peut-être avez vous préféré le GTD, plus complet ? Ou tout autre méthode ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à partager tout ça. Voir comment les autres travaillent est toujours intéressant et peut s’avérer être une source importante d’idées !

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